Delft, le 12 de ce mois de novembre 1667

" Je m'appelle Magdalena Van Beyeren. C'est moi, de dos, sur le tableau. Je suis l'épouse de Pieter Van Beyeren, l'administrateur de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, à Delft, et la fille de Cornelis Van Leeuwenbroek. Pieter tient sa charge de mon père.

J'ai choisi d'être peinte, ici dans notre chambre où entre la lumière du matin. Nous avançons vers l'hiver. Les eaux de l'Oude Delft sont bleues de gel et les tilleuls, qui projettent au printemps leur ombre tachetée sur le sol, ne sont aujourd'hui que bois sombre, nu..."

C'est ainsi que commence le 12 novembre 1667, le journal intime de Magdalena Van Beyeren. Dans le secret de cette chambre, elle dévoile ses états d'âmes avec beaucoup de dignité et d'abnégation. D'abord fille choyée, puis épouse docile. Elle nous livre à travers ses quelques pages, son enfance joyeuse bercée par le rêve d'aventures au delà des Océans, sa frustration d'épouse fidèle et prévenante, l'amour de ses enfants, ses peines et regrets. Elle terminera son journal le 16 décembre 1667.

L'évocation de son enfance, de sa vie de femme et de mère va lui permettre l'aveu d'un lourd secret et de ses désirs interdits.

IMGP4734

" Delft, novembre 1667, Magdalena Van Beyeren se confie à son journal intime. Mariée très jeune, elle a dû renoncer à ses rêves d'aventures sur les bateaux de son père, administrateur de la Compagnie des Indes orientales. Là n'est pas la place d'une femme...

Cet agréable petit roman de 88 pages, se lit d'une traite, Gaëlle Josse nous offre le magnifique portrait d'une femme discrète et courageuse, dans la Hollande du XVIIème siècle.

Couverture : d'après le tableau, "Intérieur avec femme jouant à l'épinette (détail)" de Emmanuel De Witte (1617-1692)

(Une épinette (ou espinette) est en fait, un Clavecin dont les cordes sont plus ou moins obliques, par rapport au vrai clavecin, les deux insturments sont de la même famille)