Ne serait pas tout à fait un été pour moi !

Il accompagne mes journées avec ou sans soleil...

Et comme je ne m'en lasse pas, cette année j'ai dévoré deux de ses délicieux ouvrages

Il était tant de vous les présenter.

Le Bonheur (Tableaux et bavardages)

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"Je suis heureux. Est-ce que ça va durer ? Voilà le sujet de ce livre. Ce sera un thriller, le plus authentique du siècle. je suis cerné de toutes parts, et jusqu'au fond de mon terrier. Sur chaque page va planer une menace de mort ou de cancer, d'accident de voiture, de mal de vivre, simplement. Mais je suis fort, j'ai plein de munitions, je vous en parlerai. Si la menace se précise, vous le vivrez au coeur de mon sang, de mon encre. Si j'en réchappe, nous partagerons le butin. Peut-être..."

Morceaux choisis...

"... Le mercredi matin, le boulanger fait des chouquette, juste un peu caramélisées, saupoudrées de flocons de sucre. A côté des baguettes elles attendent les clients, déjà rangées par paquets de cent grammes, dans un petit sachet-vous savez bien, de ce papier léger qui donne envie de le gonfler..."

"...A la maison, les bouquets bleus aux queues trop courtes trouvent refuge dans des verres, de la flûte à champagne au pot d'yaourt rebondi. Devant la fenêtre de la cuisine, ils restent là pour quelques jours, tout près du rougeoiement des confitures de groseilles, de la gelée de coing translucide, aérienne ; fruits de l'été gardés jusqu'au printemps le long de cette table de travail à l'opulent désordre, les confitures aiment les fleurs en verre..."

Un été pour mémoire

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" Je me souviens de la fraîcheur dansant le long des canicules : le coton un peu rêche de la robe de maman, rose pâle aquarelle ; et d'aquarelle mauve et bleue grand-mère en tablier. Fraîcheur, le verre d'eau sucrée à la fleur d'oranger, fraîcheur le livre blanc glacé, sur le banc le chapeau de paille."

Morceaux choisis...

"... Grand-mère avait abandonné un merveilleux dernier jardin d'été, rose pâle, sucré, et d'un rouge aigrelet dans les buissons pleins du plaisir acide des groseilles, du pelucheux velours des framboises empoussiérées. Vert sombre, feuilles veloutées ; entre framboises et cerisiers l'arceau rouillé de la glycine. Les allées jour après jour gagnées d'herbe sauvage, passages étouffés d'autrefois. Grand-mère aurait aimé finir ainsi dans l'herbe folle et le silence, tout près de la saveur des fruits, couleur des jours à peine tamisée, voilée de branches, et dans la paix de cet oubli des taches lumière..."

"...Ceux que j'aimais volaient là-bas, tout près ; il n'y avait qu'un voile à soulever, et derrière un pays pour nager auprès d'eux dans le temps sage de l'absence..."

 

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A très bientôt pour d'autres bavardages...