Un très beau roman sur la littérature

un hymne à l'écriture

C'est l'histoire de Aaliya Saleh,72 ans Beyrouthine , ancienne libraire, passionnée de litttérature, traductrice, indépendante dans l'âme ! Elle ne supporte pas les contraintes qu'elle sera obligée de subir, tant dans sa vie personnelle, que dans le quotidien "état de guerre" au Liban. Ce roman se compose de différents pararagraphes qui parfois peuvent déconcerter le lecteur, on passe de l'enfance, au mariage forcé, les amitiés sincères et particulières aux désaccords familiaux, de Homère, Virgile...à Marcel Proust, Maguerite Yourcenar en passant par Virgina Woolf, Pessoa, Nabokov et bien d'autres...

C'est ce côté atypique, mélange des genres qui m'a beaucoup plu dans cet ouvrage. Un personnage attachant originale, des histoires d'auteurs, de lectures, d'ouvrages, de traduction, de guerre et d'amitiés...

J'ai aimé particulièrement "ses lectures à la lueur des bougies" un refuge réconfortant et apaisant en temps de conflits !! 

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" Aaliya Saleh, 72 ans, les cheveux bleus, a toujours refusé les carcans imposés par la société libanaise. Cette femme irréverencieuse et un brin obsessionnelle traduit en arabe les oeuvres de ses romanciers préférés : Kafka, Pessoa, ou Nabokov. A la fois refuge et "plaisir aveugle", la littérature est l'air qu'elle respire. Cheminant dans les rues, Aaliya se souvient de l'odeur de sa librairie, des conversations avec son amie Hannah, de ses lectures à la leur de la bougie tandis que la guerre faisait rage, de la ville en feu, de l'imprévisibilté de Beyrouth. "

Extrait : "...Je me suis depuis bien longtemps abandonnée au plaisir aveugle de l'écrit. La littérature est mon bac à sable. J'y joue, j'y construis mes forts et mes châteaux, j'y passe un temps merveilleux. C'est le monde à l'extérieur de mon bac à sable qui me pose problème. Je me suis adaptée avec docilité, quoique de manière non conventionnelle, au monde visible, afin de pouvoir me retirer sans grands désagréments dans mon monde intérieur des livres. Pour filer cette métaphore sableuse, si la littérature est mon bac à sable, alors le monde est mon sablier - un sablier qui s'écoule grain par grain. La littérature m'apporte la vie, et la vie me tue. Enfin, la vie tue tout le monde..."

Bonne lecture à toutes et tous

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(Crédit photo : Pinterest / Moga)